C'est l'année de toutes les récompenses pour Samir Nasri que vous avez élu olympien de la saison avec 62% des voix. Revivez la carrière naissante du prodige avec un portrait paru dans OMmag. En bonus, ses plus beaux buts en vidéo.
Avec 62% des voix, Samir Nasri est l'Olympien de la saison des lecteurs d'OM.net. Il devance Lorik Cana 24% et Mamadou Niang (6%). Ils sont suivis par Franck Ribéry et Djibril Cissé (2%). Les quelques 34.144 votants uniques ont donc fait leur choix et il prend même des airs de plébiscite pour Samir Nasri. La récompense pour la saison accomplie d'un joueur exceptionnel. Les Pennes-Mirabeau, l'OM, l'équipe de France et avant la Ligue des Champions, retour sur un parcours idéal avec un portrait paru dans le OMmag spécial Samir Nasri sorti ce mercredi.
Une ascension fulgurante...
LE PODIUM
1- Samir NASRI (62%)
2- Lorik CANA (24%)
3- Mamadou Niang (6%)
34.144 votants uniques
Que de chemin parcouru pour le natif de la Gavotte Peyret... Souvenez-vous d'un certain 12 septembre 2004 dans l'enceinte du stade Bonal. Si le score de la rencontre reste anecdotique (ndlr : défaite 0-2 de l'OM), l'antre du club de Sochaux s'inscrira à jamais dans l'histoire. C'est sur cette pelouse que Samir effectue ses débuts chez les professionnels.
Son entraîneur de l'époque, un certain José Anigo, décide à la 70e minute de remplacer Bruno Cheyrou. Il lance le jeune milieu de terrain, âgé seulement de 17 ans. En 20 minutes il laisse présager une aisance technique et une finesse dans le jeu.
Une demi-surprise pour les membres du centre de formation phocéen. Alors qu'il jouait depuis ses six ans dans le club des Pennes-Mirabeau, il tape dans l'½il des recruteurs olympiens de l'époque : Freddy Assolen et Roger Giovanni. Tous deux parviennent à convaincre le clan Nasri.
Et c'est ainsi que va débuter l'apprentissage du minot au sein du club de son c½ur. Il y jouera dans toutes les catégories faisant preuve d'assiduité et de sérieux à chaque palier. En sélection nationale, il séduit là aussi ses entraîneurs respectifs et son évolution est fulgurante, notamment chez les moins de 17 ans avec qui il devient Champion d'Europe (premier titre de la France dans cette catégorie), en marquant le but victorieux. Il fut d'ailleurs élu meilleur joueur du tournoi.
De l'aisance dans le jeu, solide dans la tête...Doté d'un gabarit lambda (il mesure 1m78 pour 75kg), Samir est un joueur percutant qui use de ses dribles, de sa vitesse de percussion et de son sens du jeu pour éc½urer ses adversaires. Dès ses premières apparitions sous le maillot bleu et blanc, il montre très vite l'ensemble de ses qualités. La saison 2004-2005 est celle de l'apprentissage pour Samir. Il dispute 24 matches et marque son premier but à Lille le 11 janvier 2005 (1-2).
L'année suivante, sous la conduite de Jean Fernandez, il dispute une trentaine de rencontres. A chaque fois l'attente autour de lui est énorme. Propulsé au rang de véritable espoir, il devient une véritable star naissante à Marseille. Les supporters voient dans le minot leur nouvelle icône. Belle gueule, spectaculaire sur le terrain, disponible et généreux en dehors et... Marseillais. Tous les ingrédients sont réunis. Avec 30 apparitions en Ligue 1, la progression est exponentielle et il termine en fanfare avec une frappe monumentale face à Strasbourg en fin de championnat.
Une année en blanc...et bleu
2006-2007 va démarrer sur les chapeaux de roue pour Samir. Et comme un symbole, le théâtre de son premier coup d'éclat est le Parc des Princes. L'OM gagne sur un score sans appel de trois buts à un. Samir, lui fait fort en inscrivant un penalty en deux temps. Un excellent souvenir pour un Marseillais que de gagner et marquer chez le rival parisien : «C'est vrai que c'est spécial. Je dédie mon but à ma famille et aux gens de mon quartier.» La famille, ses amis, tous vont recevoir des remerciements et des dédicaces tout au long de la saison.
Quelques jours avant ce « classico » le numéro 22 de l'OM avait inauguré sa première sélection en Espoirs, face à la Belgique. A l'automne, il est une fois de plus appelé par René Girard pour évoluer au poste de meneur de jeu et affronter Israël.
Au mois de janvier, le staff et les dirigeants olympiens profitent d'une coupure pour partir effectuer un stage à Dubaï. Invité par le Cheikh, l'OM s'est ressourcé et Samir a explosé. Buteur face à la Lazio de Rome et le Bayern de Munich, il joue et frôle la perfection. Excellent en meneur de jeu, percutant et rapide il multiplie les gestes techniques de grandes classes et affolent ses adversaires.
Voilà peut-être le déclic pour Samir qui revient en France avec le plein de confiance. De son propre aveu, il a franchi un palier. Libéré, il accumule les prouesses en Championnat et en Coupe de France. Son volume de jeu prend une plus grande ampleur, il pèse sur les rencontres et son jeu influe sur le niveau de ses coéquipiers.
Cela n'échappe pas au sélectionneur français, Raymond Domenech, qui lui offre sa première sélection chez les A pour affronter l'Autriche. Il réussit avec brio sa première cape avec une belle victoire (ndlr : 1-0). Passeur décisif sur le but de Benzema, il a été l'auteur d'une prestation remarquée pendant plus d'une heure. La satisfaction est là.
Sur son site officiel il confie : «J'ai ressenti beaucoup d'émotion, de fierté. Durant la Marseillaise, j'ai eu quelques frissons, j'ai eu une pensée pour mes parents, mes frères, ma s½ur. J'ai aussi pensé à mes supporters, tous ceux qui m'ont aidé à en arriver là... J'étais vraiment fier de porter ce maillot.»
Adulé à Marseille, il est plébiscité par les supporters du Stade de France : «Quand je suis sorti, les spectateurs m'ont ovationné, ça m'a touché...»
Une pluie de récompenses...En mars 2007, il reçoit le trophée UNFP de joueur du mois. Samir est dans tous les bons coups de l'excellente fin de saison de l'OM. Finaliste malheureux de la Coupe de France, il prend ses responsabilités pour faire preuve d'un incroyable sang-froid et de beaucoup de courage lors de la séance de tirs aux buts.
Le stade de France oublié, la qualification pour la Ligue des Champions acquise, il est consacré par ses pairs au cours de la cérémonie des trophées UNFP. Il reçoit le trophée de meilleur espoir et figure dans l'équipe-type de la saison. Zizou lui remet le prix et n'oublie pas au passage de lui témoigner son soutien «Il fait du Samir Nasri, pas autre chose et il le fait si bien. Faire ce qu'il fait à 19 ans est magnifique et je suis très content pour lui.» Samir, lui reste fidèle à sa réputation. Timide et humble, il n'aura de cesse de répéter «Zidane ? Il est unique, il faut arrêter le parallèle.» Pourtant ce que le garçon est en train d'accomplir est tout simplement extraordinaire.
Retenu une fois de plus en Equipe de France dans le cadre des éliminatoires de l'Euro 2008, il marque son premier but en Bleu face à la Georgie. «Je me sens de plus en plus à l'aise dans cette équipe» confiait-il à l'issue du succès (1-0, but de Nasri), même chose avec l'OM. «J'ai deux ans de contrat et je suis bien ici, il n'est donc pas question de partir. L'OM est capable de me faire franchir un cap notamment avec la Ligue des Champions et avec l'éventualité de disputer le titre l'an prochain. J'ai envie de progresser et de gagner un titre avec Marseille, c'est ma volonté.» Buteur lors du dernier match de la saison contre Sedan, l'avenir lui appartient.